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Campagne annuelle 2019-2020

10 décembre 2019

Première distribution (21 août 2010)

Mwaramutse, bonjour,

 

Les journées sont tellement occupées que nous n’avons pas encore eu le temps de correspondre avec vous. Nous sommes partis pour la première distribution de sacs dans la région de Ngozy, dans le nord du pays, avec Jean-Claude et son épouse Médiatrice qui nous hébergent, des gens tellement sympathiques. J.Claude avait reçu de sa mère, la demande d’aider une cinquantaine d’enfants du village de Gakenke. Sa mère est décédée avant de voir le projet se réaliser. Sur la route, Claude nous expliquait que, petit enfant, il devait parfois parcourir trois kilomètres pieds nus sur les cailloux de la route. À quatre ans, quand on lui a donné sa première paire de chaussures en plastique bleu, il a passé la nuit à dormir avec. Rendus à la maison, Émelyne et Dévote nous attendaient pour accueillir les enfants. Un à un, ils sont arrivés soit avec des parents, soit avec des amis. Dévote, responsable dans le secteur pour le choix des jeunes, et Corinne ont fait l’appel pour les grouper par niveaux. Il y avait une telle ambiance dans la cour, et d’attente et de crainte… C’était la première fois que MON SAC D’ÉCOLE opérait à Gakenke. Notre émotion était évidente quand on faisait l’appel et qu’on demandait à l’enfant s’il avait réussi. Ou bien le regard fixant la terre, l’enfant répondait non… ou bien un bref regard de fierté dans l’oeil, il faisait signe que oui. Toutes celles et tous ceux qui n’avaient pas accès à la cour regardaient par-dessus la clôture ce qui se passait pour les jeunes appelés. Quand la distribution a pris fin, les enfants, levant leurs sacs à bout de bras, se sont mis à chanter des airs connus de tous. Là, ce fut un moment très intense. Au son de la mélodie, les mères et les grands-mères se sont mises à danser, les bras tendus de chaque côté et se déhanchant de façon harmonieuse. Les hommes, béats, vibraient au rythme de la fête. Un père de famille a pris la parole pour remercier et rappeler qu’après un temps de guerre comme celui qu’ils ont connu, il était plus que temps de reconstruire. Il a dit sa gratitude et celle des siens aux personnes impliquées dans le projet et au Burundi et au Canada. Sachant que tous les jeunes ne peuvent recevoir de l’aide, il a quand même insisté pour nous rappeler que nombre d’enfants n’ayant pu faire partie du projet cette année, nous espéraient pour l’an prochain.

Que de loques devant nous, que de regards éteints n’étincelant que l’espace d’un moment! C’est bun beau projet, mettant à contribution des gens de Bujumbura et des collines tellement généreux et de leur temps et de toutes leurs énergies, des jeunes étudiants bénéficiaires et des gens du Canada et de la France qui ne rêvent que d’un monde plus juste pour tous. Lorsque nous avons quitté, une foule dépenaillée se pressait autour de la Toyota envoyant la main en signe de reconnaissance.

 

Une petite anecdote avant de quitter : Médiatrice qui vit à Montréal et qui y étudie, nous racontait que les premiers jours qu’elle est arrivée chez nous, elle est allée faire des courses. Recevant ce qu’elle avait demandé, elle s’est empressée de dire MERCI. Quelle surprise pour elle de se faire répondre BIENVENUE! Elle se demanda alors comment il se faisait que ce pur étranger pouvait savoir qu’elle venait d’arriver au Québec… On a tellement ri lorsqu’elle nous a raconté cette aventure.

Daniel et Michel