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Campagne annuelle 2019-2020

10 décembre 2019

Les tessons sur les clôtures n’empêchent pas la bonté de passer (7 septembre 2010)

Comment faire saisir la réalité quotidienne, ici, au Burundi? Comment expliquer l’accueil si chaleureux des gens qui nous reçoivent chez eux et l’existence de ces enceintes coiffées de tessons de bouteilles ou de barbelés? Ici, on n’entre chez soi qu’en klaxonnant pour que le domestique ouvre les grandes portes d’acier ou bien, si c’est la nuit, on lui téléphone pour lui signifier qu’on arrive. Et pourtant, malgré ces hauts murs qui cachent les résidences et qui tentent de dissuader les brigands, les cours et les jardins apportent fraîcheur et calme sous les manguiers, les cocotiers, les citronniers côtoyant les corbeilles de ficus et de plantes diverses. Les habitants de classe moyenne savent bien que la ville héberge une foule de jeunes abandonnés errant dans les rues, ayant perdu toute parenté et n’ayant plus aucun repère. Ils essaient de vivre en volant les passants et ils y sont devenus maîtres, ou en cambriolant les maisons. Les guerres civiles ont tellement déchiré le tissu social de ce pays qu’on doit constamment se méfier et chez soi et sur les grandes artères du centre-ville. Comment reconstruire ce pays où tout est à refaire? Les routes, c’est déjà commencé même si ça ne va pas vite. Le plus difficile, c’est la confiance, les uns dans les autres. Et pourtant, nombreux sont ceux et celles qui nourrissent le rêve d’un pays où la paix et la prospérité seront au rendez-vous. Nombreux sont ceux et celles qui déjà travaillent en ce sens. C’est assis en Burundais, autour d’une table sous les arbres, à déguster bières Primus et brochettes de bœuf ou de chèvre qu’on découvre cette volonté de bien analyser la situation du pays et l’effort déjà mis à la réalisation de projets faisant la promotion des plus petits. C’est peut-être parce que nous, abasungus (blancs), travaillons à MON SAC D’ÉCOLE que tant de Burundais, amis de J.Claude, nous invitent presque tous les soirs à partager leurs tables. Nous sommes certains que le moindre geste posé en faveur du peuple Burundais alimente encore plus leur désir de trouver des solutions possibles aux problèmes qu’ils vivent. Nous, qui sommes issus de pays riches, avons de la difficulté à bien saisir les causes profondes qui génèrent une telle pauvreté et qui gèlent l’essor d’un peuple comme celui-ci. Et si nous sommes instruits de ces motifs, comment les aider à s’en tirer? Une chose est certaine, malgré les souffrances causées au peuple par certains Burundais eux-mêmes, il y en a tant d’autres qui sont des exemples de courage, de bravoure et de bonté. Pour certains, le dénuement ne les empêche même pas de nous accueillir avec leurs faibles moyens pour passer une après-midi du tonnerre en chantant, en rigolant et en s’amusant ensemble, enfants et adultes. Les tessons des clôtures n’empêchent jamais l’amour et le partage de s’infiltrer chez les voisins et de nourrir ce rêve de société meilleure.

Daniel et Michel