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Campagne annuelle 2019-2020

10 décembre 2019

La forêt… reviendra-t-elle?

La forêt, pour nous, c’est toujours l’aventure bienvenue. C’est la liberté qui nous fait nous évader des contraintes quotidiennes. C’est si beau!

Et ici, au Burundi? Quand on pénètre à l’intérieur du pays, quand on parcourt les collines, les arbres ont été coupés à la hache, les arbrisseaux arrachés. Souvent on a mis le feu à des montagnes complètes ne laissant que les troncs calcinés des grands pins ou des feuillus majestueux. On coupera progressivement ces squelettes noircis pour faire du charbon de bois ou encore pour chauffer les masses de briques à cuire.

Mais au fond, il faut le dire, la forêt, c’est le danger. Autant utiliser le bois à des fins utiles. Quand la forêt cache les rebelles… quand les hommes en sortent la nuit pour tuer ou pour venir voler le bétail, quand il est toujours dangereux de s’y promener, le jour, sans être accompagnés de miliciens pour assurer une certaine sécurité, la forêt, il faut l’abattre. Il faut la brûler, empêchant quiconque de s’y cacher. Encore aujourd’hui, on tue dans la Réserve de la Rusizi. Dans une autre réserve encore près de Bujumbura, on règle des comptes, on élimine des hommes. On menace et on tire sur la route de Ruyigi. Et le gouvernement s’entête à ne pas reconnaître là les signes de la rébellion qui menace. Des hommes disparaissent, on le tait. Il ne s’agit plus de camps Hutus et Tutsis, les uns et les autres s’entendent pour dire que les dernières élections ont fait surgir encore plus d’opposants à un régime qui s’impose et qui n’a de souci que pour l’image qu’il veut se donner. Il faut aller à la base rencontrer le peuple, souscrire à ses demandes, répondre à ses besoins essentiels et permettre ainsi l’essor d’un pays et l’épanouissement d’un peuple qui cherche à grandir dans la paix. Alors, peut-être, la forêt sera-t-elle à nouveau respectée attirant qui veut s’y reposer en toute sécurité et s’émerveiller de ce que la nature offre de plus beau. Nombreux sont ceux et celles qui rêvent de ces jours meilleurs.

Ô Burundi!
Quand donc ton peuple et tes chefs avanceront-ils main dans la main? Quand retrouveras-tu l’atmosphère sereine que la plupart des Burundais rêvent de reconstruire? Ils sont nombreux et nombreuses, ces hommes et ces femmes qui arpentent le pays, les grandes villes et les villages des collines, cherchant sans cesse à aider et à supporter les moins fortunés abandonnés des instances publiques.

Ô Burundi!
Quand les intérêts individuels n’écraseront plus le bien-être de tous et chacun, ta forêt sera de nouveau accessible. Les arbres y tendront normalement les bras pour mieux accueillir les oiseaux et pour mieux protéger les marcheurs du chaud soleil ou de la forte pluie. Cette odeur de brûlé, de suie à l’odeur âcre qui prend à la gorge disparaîtra au profit du parfum des différentes essences d’arbres, des palmiers fouettant l’air de ses imposantes branches, les jacarandas fleurissant de violet les bords de la forêt, des arbrisseaux variés abritant une faune qui comme les êtres humains, a dû fuir et qui ne revient pas encore malgré le bleu cendré de tes eucalyptus.

 

Ô Burundi!
Pays appelé à tant de grandeur et déjà habité de tant de beauté qui se terre, qui doit se taire, permets-nous de rêver avec toi espérant le réveil et la liberté!

 

Daniel et Michel