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Campagne annuelle 2019-2020

10 décembre 2019

De la colline de Gakenke à Mubone (22, 23, 24, 25  août 2010)

Suite à notre première distribution de sacs d'école à la colline de Gakenke, nous avons été invités au mariage d'un ami de Jean-Claude. Nous arrivons à la fin de la célébration ou les mariés et les nombreux membres de leurs familles se préparent à sortir de l'église. À ce moment précis, les chanteurs de la chorale qui suivent le défilé semblent vouloir rivaliser avec la musique rythmée des danseurs Intore qui, à l'extérieur, tout panachés de leurs plumes, exécutent des mouvements d'une agilité exceptionnelle. L'Afrique sacrée s'unit à l'Afrique folklorique.

Au matin du lundi 23 août, nous reprenons la préparation des sacs avant de quitter pour Buterere. Là bas, les jeunes sont moins disciplinés et le personnel de l'école nous offre une participation plutôt passive. C'est toute la différence entre la ville et la campagne. Mais les gens sont aussi pauvres sauf qu'il leur arrive plus souvent de côtoyer une certaine richesse.

Mardi, préparation pour Mubone. À travers les sacs, nous cuisinons un pudding chômeur québécois à base de sirop d'érable comme dessert pour la fête qu'a organisée Jean-Claude à l'occasion du retour de sa femme, Médiatrice, auprès de leurs enfants à Montréal. Belle soirée au clair de lune avec de nombreux invités. Nous sentons que c'est un honneur et une fierté pour tous ces gens qu'on fasse la fête avec eux. C'est que depuis les dernières guerres civiles, pas beaucoup d'étrangers viennent fraterniser avec eux. Nous sommes choyés par la générosité des Burundais.

Le lendemain, on doit conduire une voiture jusqu'au centre ville car J.Claude est déjà au volant du Land Cruiser qu'il doit utiliser, ce matin, pour transporter jusqu'à Mubone les sacs pleins d'effets scolaires: une douzaine de cahiers d'exercices, crayons, stylos, règle et compas de géométrie (pour les plus grands)... Regroupés par 10, c'est à deux mains qu'il faut soulever l'ensemble. Une chance que nous avons des jeunes de la fin du Secondaire tels Thatien, Bénigne, Fabrice pour aider les collaborateurs à effectuer tout ce travail. Et, dans cette organisation, les adultes burundais sont d'une efficacité impressionnante: stockage et préparation du matériel dans la maison de Duke et de Jocelyne qui assurent également, avec J.Claude, le transport des sacs et des gens.

À Mubone, tout se déroule dans l'ordre. Jocelyne fait chanter les enfants qui espèrent patiemment leurs sacs. Les mères, bébé au dos et les autres enfants présents rêvent de tirer de notre visite qui un stylo, qui un cahier, qui même un petit jouet ou un vêtement pour l'un des leurs.

La distribution terminée, Jeff, responsable de la sélection des enfants pour MON SAC D’ÉCOLE, nous conduit derrière les bâtiments scolaires ou quelques familles de rapatriés se sont installées. Mais quelle misère indescriptible de ces gens en loques n'ayant pour toutes richesses que leurs enfants et leurs cabanes de torchis délabrées. Des maisons... Quelques briques et beaucoup de boue séchée, une pièce au sol de sable et de poussière. La toiture étant le résultat évident d'une recherche désespérée au dépotoir de la ville. C'est là que l'on saisit bien tout le sens de MON SAC D’ÉCOLE.

Michel et Daniel